Vibrer ce qui nous relie

Nous sommes des êtres de relation; et de fait, nous sommes aussi reliés, sur de nombreux plans, beaucoup plus subtils que ce qu’on pourrait imaginer. Relation étant entendue comme la situation de deux êtres entrant dans un lien de conscience commune, soit pour “faire”, une activité, un travail, un soin… soit pour “être” simplement ensemble, avec nos deux corporéités, nos deux sensibilités, nos deux expériences et blessures passées. Lorsque nous entrons en relation, pour “être” ou pour “faire”, nous engageons l’ensemble de ces dimensions, de ces parties de nous-mêmes, pour les actualiser dans le lien. Nos sociétés ont survalorisé le “faire”, la définition et l’atteinte d’objectifs, de réalisations tangibles “prouvant” la validité de notre travail, nous donnant une reconnaissance sociale et une place au regard de nos semblables.

Nous sommes fait pour aimer et être aimés; Rien d’étonnant donc que nous cherchions à l’être ! Bien souvent, nos relations sont mues par ces besoins innés, mais à partir de facettes de nous-mêmes qui sont ancrées à des expériences passées, ou tendues vers un objectif, une projection ou une attente future. Nous nous faisons très rarement le cadeau d’apprécier et de se fondre dans l’instant présent de façon réelle et totale.

Pour ceux qui ont la chance de partager des instants de vie avec les animaux, il est fréquent de se rendre compte que malgré nos différences et l’absence de langage parlé,  il est cependant possible de se comprendre, bien au delà des mots. Cette proximité avec les animaux nous relie à des parties de nous mêmes que nous ignorons, que nous refoulons parfois. Notre corps et notre conscience globale nous donne un nombre d’informations innombrables sur l’état des personnes ou des animaux avec lesquelles nous entrons en relation, sans que nous en ayons réellement conscience.

Les milliers d’années de coévolution des animaux auprès des humains, dans la nature puis par le biais de la domestication, ont également conduit les animaux à apprendre à “lire” “leurs” humains sur des plans différents que celui de la parole : repérer ces élans de pensées, ces attentes sous jacentes à nos actions, qu’elles leur soient bénéfiques ou non, ces états émotionnels véhiculés par la pensée. Il en va de leur survie.

Nous avons donc la possibilité de “vibrer”, ou “d’etre au monde”, avec un regard tourné vers l’accueil du moment présent et de ce qui “est”, en moi et dans l’autre, sans formuler de jugements, sans projections, ni craintes ou attentes par rapport à ce qui émerge. L’instant présent crée une sérénité, un espace de bien-être tout particulier qui peut permettre à chacun d’adoucir ce qui est là dans l’écoute mutuelle. Vibrer ce qui nous relie, c’est avant tout aimer ce qui arrive, ce qui EST dans l’instant, et créer cet espace de compréhension mutuelle que génère la paix de l’esprit et du coeur. Cet espace est peut-être celui de tous les possibles avec nos animaux,  l’essence même d’une relation fondée sur la compréhension et la considération mutuelle.

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